UNE MUNICIPALITE QUI SE PAIE LA TETE DU CONTRIBUABLE. L'ART... ET LA MANIERE.

Publié le par vivemafrance

L'art-naqueur. 

 

Il y a ce qui est unanimement reconnu comme laid ou beau.  Entre les deux, un objectif. Derrière lui, un photographe. Question de point de vue. De quoi s'interroger sur le regard que l'on porte sur les choses.

 

Cela se passe au milieu d'un grand ensemble en réhabilitation, démolition, reconstruction... et tout et pourtant, il est beau... Parce qu'une expo photo sur le thème d'un quartier, c'est quand-même le signe que ce quartier se porte bien. Non ?

 

Un problème d'angle de vue ? Voici comment l'exposition "quartiers de vie, regards d'Aulnaysiens " , au travers des oeuvres qu'elle présente, m'a fait porter un regard neuf  sur l'insalubrité et autres  dégradations incommodantes de l'environnement.

 

Le nez en l'air et le regard flaneur, je marche dans la ville. Le pas léger et l'humeur au beau fixe. Insouciance.

Accrochée à la façade d'un immeuble, une énorme bache indique une manifestation culturelle :  "quartiers de vie, regards d'Aulnaysiens". Ma curiosité me laisse à peine le temps de déchiffrer ces quelques mots que déjà je me retrouve au beau milieu d'une exposition photo. Des formes, des couleurs. Un thème : le regard que les habitants portent sur leur quartier.

 

Arrivée sur le lieu de l'exposition j'observe, je regarde, je considère. Quelques passants trop pressés pour lever la tête, des habitués attablés à la terrasse d'un café qui ne semblent pas même s'être aperçus que leur panorama avait changé. Pourtant ils sont là : depuis quelques jours s'affichent indétrônables (car trop hauts) les clichés des artistes - photographes professionnels et habitants, jeunes pour la plupart. Je me mets à passer de cliché en image, de photo en instant capturé. Impressions.

Premier coup d'oeil. Les couleurs s'entremêlent et les contrastes s'entrechoquent. Cacoscopie (le mot n'existe pas. Cherchez plutôt à cacophonie. c'est la même chose mais avec des images). Exhibition des élans créateurs.

Puis me voilà saisie par l'incompréhension. Les questions se bousculent tant et si bien qu'il me faut avec toute la force de mon esprit (oui, ça a été difficile) me frayer un chemin parmi les interrogations. Impensable.

 

 

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Considérant la photographie de ce mur en béton armé dont la peinture orange grisâtre qui survit tant bien que mal s'écaille, j'aurais pensé "mais comment on peut laisser des quartiers se dégrader à ce point ?" ou peut-être aurais-je choisi de regarder parterre plutôt que de poser les yeux chemin faisant sur des horreurs d'urbanité.

 

Aujourd'hui, je ne sais pas si je dois voir dans la vétusté du revêtement mural ci-dessus la représentation d'un chien, d'un loup ou d'une loutre (détrompez-vous, ce n'est pas le féminin de loup...) mais je sais que c'est beau.

Je pense que les gens sont heureux d'habiter un/ tout près d'un grand ensemble qui accueille au bas mot 3000 foyers (moins ceux qui ont été croqués par des engins de chantier récemment plus ceux qui ont été nouvellement construits). Désormais devant le délabrement, je saurai laisser libre cours à mon imagination et savourer les joies de la fantaisie créative. L'usure : domaine infini ou accoucheur des fruits de l'imaginaire.

 

 

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S'il m'arrivait de longer un mur semblable à celui-ci je hâtais le pas et pour un un temps paralysais l'activité de mes poumons. Parfois encore, je me lançais dans une recherche frénétique et fouillais mon sac à main avec l'énergie du dernier souffle afin de retrouver ce sauveur fidèle, petit échantillon de parfum dont je vaporisais quelques gouttes dans le creux de ma main.

 

Je me demandais  "Monsieur le Président de notre république, l'usage de nettoyeurs haute pression* dans les grands ensembles n'était-il pas parmi vos promesses électorales ?"

 

Mais la récente exposition a ouvert mes sens à l'inconnu et m'a permis d'accueillir avec l'admiration qui lui est due la singularité de chaque lieu. Une révélation. Ainsi je porte un regard nouveau sur la saleté et les pieds des murs deviennent des chemins colorés ; exquise invitation au voyage.

Les effluves corporelles nauséabondes s'entremêlent puis se dissipent devant l'âme du béton, les murs qui respirent. Viscéralement saisissant !

 

 

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Sur ce cliché, deux trous dans un mur causés par je ne sais quoi.

L'oxydation de la structure métallique (à l'intérieur) est matérialisée par la rouille sur le mur. A première vue, on pourrait penser que celui-ci est en larmes. Triste agrégat. Spectateur désolé (en état de désolation) des scènes de vie de celles et ceux qu'il abrite.

 

Emouvant, non. Beau ? Forcément ! C'est de l'art. Ouvrons les yeux.

C'est d'autant plus beau que le cliché est mis en comparaison (juxtaposé) avec la photo de l'ombre d'une structure à deux cercles imitant ces deux cratères. Bien pensé.

Désormais ces yeux qui me fixent ne montrent pas les blessures dans le corps d'un immeuble qui se meurt ni le sang qui se répand le long d'une façade sans vie.

Je ne sais pas trop ce que c'est mais qu'importe. Cette photo exposée aux regards de tous égaie le quotidien de ceux qui lèvent les yeux vers elle. Elle interroge, impressionne, bouscule. Elle plaît.

(juste au-dessus, le muret vieilli et les barreaux ravagés par le temps d'un balcon. Mais cela, on ne regarde pas).

 

 

Merci à cette admirable exposition pour avoir éveillé mes sens ! J'ai pu, le temps de quelques pas, permettre à mon esprit, ma sensibilité, ma raison, de distinguer, derrière toutes ces choses dont la laideur - avant que ne transparaisse la beauté - assaille le regard, la richesse.

Bla, bla, bla...

 

C'est alors que mue par cette expérience grisante, mon ardeur s'empare de mon téléphone photographique.

Enhardie par toutes ces images, je me retrouve, espiègle, à m'essayer moi aussi à saisir le beau. Je me surprends ainsi à oser laisser vagabonder mes idées, je m'affranchis des codes, je flirte avec l'insensé et me voilà qui exprime tout ce que je peux avoir de folie (pas grand-chose ma foi...). Je joue les artistes, quoi !

Et non sans fierté je prends plaisir à contempler le produit de ma créativité :

 

 

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  Images vivemafrance puis http://www.fotocommunity.fr/pc/pc/display/17944460

 

 

  juxtap2ter.jpg  

photos http://www.feretforge.com/ferronnerie-portail.htm  puis vivemafrance.

 

 

Des ordures amassées depuis des jours qui sentent le foin fraîchement coupé et une grille "d'accès" à la puanteur qui s'ouvre sur un joli jardin fleuri. Tout cela en m'éforçant de respecter l'esprit de l'exposition photo (la vraie !). Pas mal...

 

Bon d'accord j'arrête...

 

J'ai tenté de trouver en vain un sens à cette exposition. Rien n'y a fait. Non ! Un mur-urinoir ne pourra jamais être une oeuvre d'art ! Encore moins l'état de délabrement avancé d'un grand ensemble (ce que l'on appelle "grands ensembles" désigne la construction au même endroit de barres (immeubles allongés) et/ ou de tours (immeubles en hauteur), des cités, en d'autres termes) !

Mais de qui se moque-t-on ? Combien encore d'initiatives coûteuses et insensées lancées pour améliorer l'image des cités (celle des équipes municipales en fait. N'oubliez pas, les municipales, c'est bientôt) ?

Une photo aurait-elle ce pouvoir de remplacer un programme d'amélioration de l'habitat ? Et tous ces jeunes  - participants enthousiastes et naïfs - qui se prêtent gaiment à la chose...

 

J'ai pris d'autres photos de ces oeuvres. Mais des photos pareilles, moi, je les envoie à mon assurance pour demander une prise en charge des travaux de réparation. Je ne les placarderais (conditionnel) pas devant le nez des habitants qui chaque jour passent devant des murs et des immeubles qui ne savent dire que l'abandon et l'oubli. Des lieux usés, figés, et qui contrastent horriblement avec la vie qui tourne autour. Désolant.

 

Effet d'optique ou poudre aux yeux. Pour moi, une insulte à l'individu.

Je serais trop "conventionnelle" ? Qu'à cela ne tienne. Il arrive aussi que l'égocentrisme de l'artiste mette en avant son nom plus que son oeuvre (bien heureusemenet parfois...).

 

 

 

* : allusion à une marque de nettoyeurs haute pression bien connue et qui n'avait pas besoin du discours de notre Président, alors ministre de l'intérieur en campagne (il s'y est pris très tôt...), un 26 octobre 2005 à Argenteuil (Val d'oise) pour l'être davantage...

 

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alfonse dindon 06/10/2011 18:47



L'art et le lard.


On attend d'une exposition qu'elle mettent en avant des oeuvres mais rarement que celle-ci desoeuvre. Résultat d'une main d'oeuvre peu qualifiée ou triste manoeuvre opérée ? L'artiste est il
celui que sa misère inspire ou celui qui inspire la misère ? Désolé mais je perds mes repères. La manipulation atteint son apogée quand le manipulateur convainc le manipulé que le noir est blanc,
que le laid est beau et que le vieux est neuf... D'où les nouveaux comportements, courants artistiques, codes vestimentaires... L'art c'est par définition beau et si vous n'y voyez aucune beauté
c'est bien que vous ne connaissez rien à l'art. Présentons ensemble nos condoléances à la famille de Pricritik pour la mort de Less.



vivemafrance 17/10/2011 17:38



... Monsieur Critik brille toujours par son absence.


"L'art c'est par définition beau et si vous n'y voyez aucune beauté c'est bien que vous ne connaissez rien à l'art. Présentons ensemble nos condoléances à la famille de Pricritik pour la mort
de Less"


"heureux les simples d'esprit"... Aujourd'hui, on ne sollicite pas Less (et quand l'aurait-on fait ?), on l'habille de la laine des moutons de Panurge (pas les noirs. Ceux-là, ce sont les
autres).


Il semblerait que "les Français sont des veaux" (ce n'est pas moi qui l'ai dit) ; autant dire des boeufs en puissance.


 



Soulaym 06/10/2011 17:43



Salam alaykoum,

"Mais de qui se moque-t-on ? Combien encore d'initiatives coûteuses et insensées lancées pour améliorer l'image des cités (celle des équipes municipales en fait. N'oubliez pas, les municipales,
c'est bientôt) ?"

Où j'habite c'est pareil ou enfin presque! Ça démolit dur, c'est poussiéreux, en bref un chantier. Sauf qu'ici on ne reconstruit pas de logements.
Les habitants sont relogés surplace ou ailleurs.

Je ne sais pas comment doit-on appeler ces travaux: réhabiltaion ou avilissement. Beaucoup de locataires sont instisfaits des travaux réalisés chez eux et doivent vivre avec car l'architecte qui
contrôle les travaux à jugé que c'est bon.

Et le plus navrant dans tout ça, c'est que dans pas mal de ces communes c'est soit des socialistes, soit des communistes qui vous donnent l'impression de passer leurs temps à chercher votre
bonheur. Ils sont de notre côté. Ils nous comprennent. Et pour ce faire ils soignent leur notoriété avec l'aide ou la complicité, excusez-moi l'expression (mais je n'en vois pas d'autres), des
arabes (et les berbères aussi ) de service.

Mais pour ce qui est des municipales je n'y crois pas. On se désintéresse de ce qui se fait en France en général et dans nos quartiers en particuliers.

Et c'est toujours la même équipe municipale aux manettes depuis des lustres. En somme ils font partis des murs du quartier.



vivemafrance 17/10/2011 17:27



Salam,


D'un extrême à l'autre, ça construit, ça démolit... Mais ça SE construit surtout un électorat. Ensuite, s'il y a des arabes de service, c'est aussi parce que ceux-ci le veulent bien. Ne rêvons
pas ; les ambitions des uns font le malheur des autres. De ce point de vue chacun peut-être un quelqu'un de service.


C'est vrai, les urnes disent pour certaines très haut le désinvestissement des citoyens. Et entre le choléra et la peste, c'est tout de même compréhensible.


Que ce soit la même équipe qui soit "aux manettes" ou une autre, le projet, c'est quand même de rester. Alors on peint ici un mur, là on plante de jolies fleurs. Le constat de fin de mandat est
fait ! Et pour s'attirer les bonnes faveurs du plus grand nombre, on s'assure de pouvoir compter sur l'engagement des employés : attributions plus que douteuses de logements sociaux, fêtes
"arbres de Noël" où les employés se voient offrir pour eux et leurs enfants des chèques-cadeaux, des cadeaux...avec repas compris. A la bonne santé du contribuable ! Même s'il n'est pas de la
fête.


Seulement tous les employés ne sont pas des habitants de la commune. Pas grave, qui viendra dire quelque chose ?


Pour finir, le plus bel argument que l'on puisse donner à sa population, ça reste encore la démocratie "participative" ; formidable outil d'expression des habitants. Les propositions fusent,
parfois elles remontent jusqu'aux instances décisionnelles et - défiant les lois de la gravité - ne redescendent parfois jamais...! Mais ça, c'est une autre histoire.