ENFIN !

Publié le par vivemafrance

 

Ce récit fait suite à L'AÏD, LES P'TITS GÂTEAUX... sur ce blog.

 

Ca y est !

 

La période dite "des fêtes", de Noël plus particulièrement, aura été bien longue cette année encore. Un grand suspense pour moi. Et une question : on va en avoir... ? On n'en aura pas...? (je sais, ça fait deux).

 

Dans ma tête, je faisais les cent pas. Me cognant tantôt contre les parois de ma boîte crânienne, tantôt me prenant les pieds dans les enchevêtrements de mon cortex cérébral, autant dire que j'ai écrasé bien des neurones dans cette impatience insoutenable et accompagnée par le tic-tac que faisait la trotteuse de mon horloge intérieure (je n'ai pas dit "interne").

Pas le tic-tac tranquille du temps qui s'écoule paisiblement ou ennuyeux du temps qui s'étend infiniment mais celui-là :


 

 

  Ah parce que vous trouvez que 18 secondes c'est trop long, vous ?!

 

 

Nous sommes le samedi 24 décembre en milieu de matinée. Je suis avec ma famille. On sonne. Les gens précisent souvent "à la porte" mais je ne vois vraiment pas où l'on pourrait sonner. On peut sonner les cloches mais là c'est différent parce que dans ce sens, le verbe est transitif direct. Bref.

C'est ma mère qui aura le plaisir d'accueillir l'événement. Seulement, elle aura vécu un moment assez rare mais sans se soucier autant que moi de ce qui se venait de se produire.

 

A moins que ce ne soient mes principes qui déforment ma vison du monde, que je ne m'engage ou me laisse entraîner dans des combats futiles. De toute façon, ces mêmes principes ont donné à ce  matin du 24 décembre 2011 une dimension unique. Je vais finir par croire au père Noël...

 

Je reprends. Notre voisin, qui a la chance d'être notre voisin depuis 26 ans et chez qui, pendant 26 longues années, sauf peut-être le week-end où il était à la pêche, j'ai été forcée de sonner tous les ans - les années lunaires, en fait. Il faut savoir que 34 années lunaires correspondent à 33 années solaires ; ce qui signifie que dans 7 ans, ce n'est pas 33 mais 34 fois que j'aurai sonné chez mon voisin ! - une petite assiette en carton  couverte de papier d'aluminium à la main, pour lui offrir de la part de toute ma famille, en l'associant à la fête de la fin de ramadhan, des petits-gâteaux-de-l'aïd.

 

(cette phrase est exceptionnellement longue pour le blog mais j'ai voulu voir comment Proust avait bien pu s'y prendre. 5 lignes seulement. Ce n'est pas encore ça...).

 

Donc. Le voisin sonne chez NOUS ! La seule fois qu'il a sonné à la maison, je crois bien que c'était pour collecter des fonds pour la couronne mortuaire d'un autre voisin décédé. Mais ce matin-là, j'allais découvrir que c'était dans des circonstances autrement plus heureuses.

 

Il arrive, toujours d'une très bonne humeur, en tendant à ma mère un petit paquet soigneusement enveloppé dans du papier-cadeau rouge et blanc.

 

Le voisin : bonjour Madame (avec le -on- qui dure un peu, sympathique. Mais sympathique pour de vrai, je ne me moque pas) ! Ca va ?

Ma mère : oui, oui. Ca va. Et vous, ca va la santé?

Mon voisin : bohh ! (généralement accompagné de "vous savez, hein". Je n'arrive pas à le transcrire mais c'est une onomatopée qui semble signifier "on fait avec". Là je vous imagine en train d'essayer de reproduire ce son).

Tenez, c'est pour vous !

Ma mère : oh ! C'est gentil ! Merci.

Mon voisin : ben ça va pas toujours être les mêmes * !

Ma mère : oh, vous savez. C'est rien.

 

etc... et il s'en va.

 

C'est en entrant dans le salon que j'aperçois l'objet d'un bonheur que je ne connais pas encore. Tout petit mais tellement grand !

 

Moi : c'est quoi ?

Ma mère : c'est le voisin qui l'a apporté ce matin.

Moi : ah mais on dirait des chocolats. Je crois que c'est des Ferrari. Ca se voit, regarde. Le format. Et c'est un peu arrondi.

 

Ma mère ôte enfin cet insolent papier-cadeau.

Une boîte de chocolats !

 

papiercadeau

 

Ci-dessus, un détail du papier-cadeau. Joli.

En revanche, je n'ai pas eu le temps de faire un cliché des chocolats.

 

 

Une attente qui prend fin, une fin heureuse. Tant et tant d'années à pester contre mes voisins qui ne nous ont jamais offert de chocolats à Noël mais qui se réjouissaient de pouvoir déguster, qui avec son petit café, qui avec un jus ou je ne sais quoi, de petits gâteaux de l'aïd si difficilement réalisés. Comprenez que ces gâteaux sont pour moi source de stress. La perspective de passer des heures debout dans une cuisine surchauffée à se brûler les doigts pour une cuisson bien comme il faut et voir tout ces efforts distribués ici et là ! C'est bien plus que ma patience ne peut endurer.

 

 

Bien sûr, la petite boîte de chocolats n'y changera rien. Mais je n'espérais pas un miracle, juste des chocolats pour Noël.

Le bonheur tient parfois dans une boîte de chocolats.

 

 

* : il est à noter que ces propos confirment une partie de ce sur quoi repose tout le texte "L'aïd, les p'tits gâteaux...".

 

 

 

 

P.S. : il se peut que certains passages de ce récit soient quelque peu éxagérés. Celà n'en donne que davantage de crédit à mon histoire. Et puis "je viens du sud".

 

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cucurbitacees 21/01/2012 18:39


Alors ces chocolats? Ils étaient bon au moins? C'était des roulés à la main?

vivemafrance 22/01/2012 02:25



Le père Noël est une ordure, n'est-ce pas ?


En fait j'en ai pas mangés beaucoup. Tu sais, la famille, les gens qui en prennent deux voire trois quand on leur tend la boîte, tout ça... C'était une toute petite boîte toute minuscule de rien
du tout en plus ! Dire qu'il va falloir attendre encore plein d'aïds avant d'en avoir à nouveau.


Ca me fond le coeur !


 



alfonse dindon 02/01/2012 10:46


Bonjour,


je suis heureux de voir que l'année 2011 prend un heureux dénouement pour vous et autant de proches qu'il y a de chocolat dans la boite.


Deux hbypothèses:


1) un chocolat vaut 34 gateaux.


2) il faut 34 années pour tirer le meilleur d'autrui.


Voilà.

vivemafrance 02/01/2012 13:27



Tiens, un Monsieur Dindon ! Mais ça faisait longtemps.


Bon, déjà, il n'y avait pas tant de chocolats que ça. Ou alors c'est que je ne connais pas assez de monde, auquel cas je vais devoir lier de nouvelles amitiés dans l'espoir de recevoir un jour
une boîte de chocolats un peu plus grande.


Maintenant qu'il ne reste plus de chocolats ni de boîte, je me soucie bien peu des hypothèses (plus nombreuses que ça à mon avis). J'attends Noël 2012.


Voilà.