L'ART DE L'ESQUIVE OU LA CULTURE SELON HOLLANDE.

Publié le par vivemafrance

 

 

"Madame, Monsieur,

 

A l'occasion de son 1er anniversaire, AFPA Transitions, le cabinet conseil en Transitions Professionnelles de l'AFPA, vous a récemement convié à participer à une manifesation autour de la Transition, le 27 JUIN prochain à partir de 18h au musée du Montparnasse à Paris.

Exposition originale, rencontres informelles, café musical, convivialité et ambiance des soirées créatives des années 20 seront au programme avec la complicité du Musée du Montparnasse.(...) "

 

Voici l'invitation que je recevais il y a quelques jours.

 

Petit aperçu de ce qui nous attendait : "une exposition originale, un café musical, l'ambiance des soirées créatives des années 20."

 

J'ai survolé, lu puis relu les brochures d'AFPA Transitions. Rien ne laissait présager l'événement.

18h30, arrivée au musée Montparnasse. Je prends mon badge et j'essaie de garder le cap. Direction le fond de la cour, pour commencer par le début de l'expo.

Là une table ronde. Des individus, plein d'individus. Et des caméras aussi, des appareils à photos, des journalistes. Je me fraie un chemin pour distinguer ce qui peut bien se dire de si culturel dans cette assemblée.

Et là on me dit "dis donc, tu nous emmènes dans des endroits "in", toi".

"comment ça?"

"t'as pas vu ? Il y a Hollande là".

 

Tout ça pour ça. Ce que je sais de source AFPA Transitions, c'est que les un an de AFPA Transitions se sont préparés à la hâte. Tiens donc ! Pourtant, quand on va fêter ses un an, on a douze mois pour se préparer. Bref.

 

Voilà comment j'ai surpris François Hollande en flagrant délit de discours de campagne. Et pour les présidentielles de 2012 en plus !

Il a eu beau dire et répéter que les primaires n'ont pas encore eu lieu, ni le premier, ni le second tour des présidentielles. Il n'en demeure pas moins qu'il s'est tant et si bien essayé à jouer les orateurs convaincus, qu'à la fin il n'a pas même été convainquant. Discuter de l'importance d'un ministre de la culture et de la communication (c'es comme ça qu'il le voit) quand on n'est pas candidat... Ben oui, tiens.

 

Réfléchissons un peu. AFPA Transitions organise son premier anniversaire à la hâte. Elle s'invente un malheureux lien " l'art et l'entreprise guident cette exposition" difficile à percevoir. La présence de François Hollande qui nous rebâche les oreilles avec un des thèmes qu'il ne maîtrise pas (il n'en donne pas l'air, pour autant que j'ai pu entendre ses interventions). Il doit avoir des potes chez le plus grand centre de formation de France (l'AFPA), lui.

Passons.

 

Il apparaît fort probable qu'AFPA Transitions s'est évertuée à introduire l'art dans son organisation afin de pouvoir « inviter » François Hollande – qui au passage semble également avoir préparé son speech à la hâte - à cette petite mascarade.



Dans cette assemblée ça parle culture et ça questionne culture. Mais ça ne répond pas. Ca ne répond pas culture du moins.

Je n'allais pas me gêner. J'étais là. Je pose ma question à François.

 

(approximativement et fidèlement à la formulation originale) : "vous avez parlé d'une instrumentalisation du politique par la culture. N'y a-t-il pas une instrumentalisation du culturel par le politique ? Notamment au travers des quelques personnalités plus ou moins populaires qui vous entourent (Michel Boujena et Benjamin Biolay ont fait le déplacement)".

 

AUCUNE REPONSE DU CANDIDAT (oui, candidat à la présidentielle de 2012).

 

 

 

HOLLANDE1 De gauche à droite : François HOLLANDE, Benjamin BIOLAY bien silencieux

(il faut croire qu'il n'avait pas amené de post-it*), ROST.

Mes excuses à l'homme en bas à droite du cliché, je ne sais pas qui c'est.

 

 

Autre question (toujours dans l'esprit de l'originale) : "vous avez parlé de LA culture, de LES cultures populaires, urbaines, des quartiers - quels quartiers ? Allez savoir. Et vous avez dit vouloir améliorer ces cultures. Si vous avez une échelle de valeur des cultures pouvez-vous nous dire laquelle ? Vos propos quant à l'uniformisation de LA culture ne signifieraient-ils pas un moyen de contrôler les cultures urbaines et d'être plus à même de présenter un vecteur de promotion de la France au travers de cette vitrine culturelle?".

 

Réponse du candidat : "mais toutes ces cultures, ces mélanges, c'est notre culture. C'est la nôtre (les sourcils montant et la tête d'innocent de celui qui pense vraiment qu'on va avaler ses couleuvres)"

blabla, genre "la bonne réponse". Je n'écoute plus. 

 

Moi, j'appelle ça un total flop. C'est pas ce que tu disais à l'instant.

 

Je me permets une dernière question : "pouvez-vous nous donner votre définition de la culture ? ». (Je précise que ce monsieur s'autopromouvait depuis plus d'une vingtaine de minutes. A aucun moment il ne lui est venu à l'esprit que de définir ce dont il disait pourtant parler : LA culture).

 

Là, ses yeux s'écarquillent et son front se plisse. Reprise de contrôle. il me regarde d'un air désolé en montrant d'une doigt une journaliste installée à côté de moi style "désolé. Je peux pas te répondre, j'ai une autre question là".

 



hollande

 

 

Mais je ne reste pas sur ma faim ; rien d'étonnant. Plus tard, j'apprendrai par des

personnes présentes que sa cabriole n'est pas passée inaperçue ; d'autant que éhonté et avec le même sourire de façade que dans cette émission de parodie bien connue, il reprendra les propos d'un intervenant pour nous donner...sa définition de la culture.

Il n'y a pas que les candidats au bac qui copient sur le voisin.

Navrant. C'est le seul qualificatif que j'ai pu trouver.

 

Alors quoi ? Tu t'affiches à une réception où rien ne te prédisposait à être présent. Tu discutes d'un sujet qui est tout de même le thème de la soirée et tu sèches sur une petite question basique !

A croire que le régime alimentaire et le teint hâlé feraient le candidat...

 

La Culture pour les Nuls, on le trouve en librairie ?

 

 

* petit clin d'oeil à l'un de ses titres, Brandt Rhapsodie.

Publié dans actualité politique

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