# QUAND ON VOUDRAIT BIEN EXPLIQUER CECI PAR CELA.

 

L'importation d'un conflit qui n'a pas fait le voyage ou comment on légitime ses actions par la "violence des jeunes".

 

 

 

Décembre 2008, 47% des français ont une bonne opinion du Président de la République Nicolas SARKOZY.

C'est un point de moins depuis la dernière enquête de satisfaction.

  

Lundi 5 janvier 2009 au soir, attaque à la voiture-bélier contre une synagogue à Toulouse.

La réaction de notre président est immédiate :

Alors à Damas (Syrie), il fait l'intervention suivante :

« Notre pays ne saurait tolérer que la tension internationale se traduise par des violences communautaristes »...

 

Tension internationale, violences communautaristes...? Quoi ?

Ah. Nous y sommes.

Décembre 2008 : attaque massive de l'armée israelienne contre la ville de Gaza, en Palestine occupée. Côté israélien, seul le Hamas doit être tenu responsable de ces attaques meurtrières. Rappelons au passage que l'armée israélienne ne fait que des raids de représailles, voire des attaques dissuasives (à supposer que le Hamas lance un raid sur le pays...).

Qu'à cela ne tienne ! La terrible aubaine pour faire remonter une cote en mal de popularité (et en termes de cote, la pente est raide). Pas question de condamner les « représailles » israéliennes à Gaza. On va plutôt faire une attaque en retrait, tient ! Alors on fait un grossier parallèle entre les tirs sur Gaza et les dégradations sur une synagogue à Toulouse. D'une pierre deux coups : on contourne un sujet épineux et en plus on gagne des points. Il faut dire que Nicolas Sarkozy en est à un an et demi de présidence du pays et le constat est plutôt... Voilà, quoi !

Alors quand on peut s'allier pour le coup les interventions des potes, que demander de plus ?

C'est ainsi que pour faire bien, Michèle Alliot-Marie déclarera :

"Ma préoccupation, c'est que la situation ne dégénère pas dans notre pays, que la violence ne soit pas importée". Elle a même reçu le Crif et le CFCM, elle ! La guerre du zèle.

Toujours au conditionnel, on a Dominique Sopo, président de SOS racisme :

"il est fort probable que cet acte criminel soit lié à la situation en cours dans la bande de Gaza". Eh bien non, en période de crise, la spéculation n'est pas que boursière...

Fadela Amara, la spécialiste des banlieues, n'est pas en reste et nous offre aussi sa fine analyse de la situation (interview donnée à France24, 14/01/2010 ) :

Mme Roselyne Febvre.- Vous êtes Secrétaire d'Etat à la Politique de la Ville. Depuis l'offensive de Gaza, beaucoup d'incidents ces derniers jours, des faits de violence, en particulier des attaques contre des lieux de culte, des synagogues. Peut-on parler d'une déferlante antisémite aujourd'hui ?

Mme Fadela Amara.- Je pense que l'on peut parler de tensions qui peuvent exister. Certains ont voulu d'ailleurs importer le conflit israélo-palestinien dans notre territoire en tenant des discours de haine qui n'aident pas du tout à la construction de la paix. Lorsqu'ils sont entendus par des esprits qui ne sont pas structurés, qui n'ont pas assez de recul, ils aident malheureusement aux passages à l'acte, terribles.

[blablabla..., que je vous laisse retrouver]

Elles [les associations] vont démultiplier les visites de terrain, les projets qu'elles mettent en place avec une sensibilité particulière sur la question des relations entre les différents jeunes dont les origines sont différentes. C'est important. Il ne faut pas laisser ceux qui veulent instrumentaliser ce conflit et le réduire à une connotation religieuse et ethnique. C'est extrêmement dangereux. Ce n'est pas l'histoire de notre pays. Les associations qui étaient présentes – je tiens à leur rendre hommage – ont été très claires sur ces points.

Ce n'est pas l'histoire de notre pays... Intéressant.

Alors pourquoi ce qui suit ?

Eric Raoult, maire du Raincy 93, lors d'un rassemblement au Trocadéro Paris en soutien à Israël (ou à Gilat Shalit, on ne sait pas trop. Mais certainement pas à Salah Hamouri.) le 22 juin 2010 :

 

« Ce soir, moi, j'avais le bureau politique de mon parti et Xavier Bertrand m'a dit « mais tu t'en vas ? On parle des retraites, c'est important». Et je lui ai fait passer un papier en disant « pour moi, Israël, c'est plus important que les retraites ». Alors, avec son chef de cabinet qui est timide qui est derrière, il m'a dit « il faut que tu rappelles, sur la scène, que le secrétaire général de notre parti, il prend l'avion le 28 pour être en Israël le 29, le 30 ». Et moi je me suis dit « mais on aurait du mieux se coordonner parce qu'avec Claude Goasgen, on prent peut-être pas le même avion, ça sera peut-être pas El Al [compagnie aérienne israélienne, nda], ce sera Air France mais on part aussi pour Israël ». Alors quand on se retrouve sur le parvis des droits de l'homme, comme tout à l'heure Claude l'a souligné, et je veux pas être plus long, je suis élu d'un département où ce beau drapeau [celui d'Israël, nda], on ne le voit pas très souvent. La Seine-Saint-Denis, c'est un beau pays. Qui c'est qui est de la Seine-Saint-Denis ici ? (foule « ouais !! ») Voyez, on n'est pas majoritaires mais on est quand même nombreux. Alors, quand ma ville du Raincy, on l'a jumelée avec Yavné [...ben, ville d'Israël ! Nda], lorsqu'on m'a demandé « qui c'est qui va prendre la présidence ? » J'ai dit « si c'est le maire, c'est pas une information ». Alors vous savez ce que j'ai fait ? J'ai demandé à ma femme de prendre la présidence ».

C'était la séquence émotion... Enfin j'ai voulu dire argument électoral de choc, ou discours insultant tout autant que méprisant à l'endroit des plus de 600 morts* et près de 3000 blessés victimes de Tsahal, c'est selon.

Il me semble pourtant que... « ce n'est pas notre pays ». Je vais finir par croire que c'est vraiment celui de certains de nos politiques. Quand on vote pour vous, c'est un peu pour que vous pensiez à nous. Mais il ne s'agit peut-être pas des mêmes électeurs. Je vous passerais bien DSK, mais non.

 

Pour lui, c'est simple :

 

Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques.(...) En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël”.

La France, alors, un petit pied-à-terre ?

« (Par ailleurs,) les visites diplomatiques et ministérielles bilatérales sont de plus en plus nombreuses. La France a une place primordiale pour Israël de part son histoire : le 29 novembre 1947, la France s’était déclarée favorable à la création de l’Etat hébreu en votant pour la résolution 140-81. Entre 1940 et 1960, l’âge d’or des relations entre les 2 pays a permis à Israël de garantir sa sécurité (Yossi Gal se rappelle que les documents étaient tous traduits en Français, et non en anglais).
Nous devons faire des efforts pour promouvoir les relations et revenir à cet âge d’or en termes de relations bilatérales. Pour Yossi Gal, Israël a de plus en plus de sympathie pour la France de manière générale. »
, www.israelvalley.com

Et on va dire que c'est la population jeune des quartiers défavorisés qui importe un conflit qui se passe, finalement, dans un pays pas si étranger que ça...

Et puis le « conflit », y en a déjà qui vont le chercher avec El Al...Origine contrôlée.

Pour finir, un court passage de l'ouvrage de paul-Eric BLANRUE, Sarkozy, Israël et les Juifs, Oser Dire :

«  Il fut par exemple, et pour beaucoup, extrêmement choquant de constater les chaudes accolades du premier Ministre israélien Tzii Livni au Ministre Kouchner fort aimable, sur les marches de l'Elysées en janvier 2009, alors que Gaza envahie par Tsahal, sous les bombes au phosphore comptait ses enfants tués... Etait-ce déjà la bénédiction tacite du coreligionnaire ? », marco pietteur, éditeur.


Alors non, il n'y a pas ni n'y a eu d'importation d'un quelconque conflit. Seul demeure certain le zèle de ceux à qui nous prêtons nos voix, nous accordons notre confiance, à défendre l'indéfendable, à masquer l'évidence et à nier les faits – quand ce ne sont pas eux qui y prennent impunément part.

Il n'y a aucune nécessité à importer ce conflit israélo-palestinien puisqu'il a gangrené l'appareil politique français.

Les jeunes, les voyous, les émeutiers (...) ne se font que les porte-voix d'une injustice flagrante de notre pays envers l'humanité.

Le conflit israélo-palestinien est l'hôte permanent de notre président plein d'égards, de concessions et d'une hypocrisie affligeante.

Dès lors, je vous invite, chères soeurs, chers frères en humanité à dénoncer tout événement qui soulève chez vous un sentiment d'injustice, d'inéquité, d'inhumanité et d'irrespect (rarement l'un va sans l'autre).

vivemafrance, décembre 2010.

 


Mise à jour, le 01/01/2011 :

* : les derniers chiffres publiés par lefigaro.fr du 26 décembre 2010 font état de 1400 morts palestiniens à Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009.

Le nombre de 600 morts est celui avancé par l'Express du 06 janvier 2009.

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