MAIS JE SUIS UN OURS

Publié le par vivemafrance

 

Mais je suis un ours ou la violence d'une France à l'endroit de ma présupposée arabité.

 

 

Mais je suis un Ours, c'est le titre d'un livre que j'ai beaucoup aimé quand j'étais enfant. Alors que j'étais en primaire, ce livre m'avait été offert, si ma mémoire est bonne, par le Père Noël. Oui !

Mais je suis un Ours raconte l'histoire... d'un ours qui au sortir de l'hiver découvre qu'une usine a été construite à l'endroit-même où il avait passé la période à hiberner.

Le printemps arrivé, le voilà qui sort de son hibernation. Sans ménagement aucun, il est conduit à l'usine par un contremaître... pour travailler. Voilà que notre ours, de contremaitre en directeur général, va tenter d'expliquer qu'il n'est pas un ouvrier... Envers et contre tous.

Bien entendu, la société lui donne tort. Son apparence (bipède) suffit à faire de lui ce qu'on en attend.

 

Mais je suis française moi ! Je ne suis pas un ours (vous comprenez ?).

Voilà comment l'envie m'a pris de dénoncer celles et ceux qui ont voulu faire de moi un ours.

Non Mesdames et Messieurs de la municipalité de G. si je souhaite être chargée de mission relogement auprès des habitants des grands ensembles de votre ville, ce n'est pas parce que je connais « bien cette population-là ».

 

Non, Madame la responsable du service RMI de la ville de N.-le-S (on va pas se gêner plus que ça), si j'ai souhaité être chargée d'insertion RMI, ce n'est pas pour « prendre [ma] revanche ».

Et non, mes chers voisins, je ne vais pas vous donner des « petits gâteaux de l'aid » parce que vous avez entendu que c'est ramadhan aux infos. Non encore, ce n'est pas couscous tous les vendredis après-midis à la maison. Je vais encore moins égorger un mouton dans ma baignoire parce que j'ai les cheveux frisés ! Donc de grâce Messieurs de la PM (police municipale) arrêtez vos rondes zélées.

Je sais, c'est vraiment trop vous demander.

 

Bien sûr que oui, je parle un français sans accent. Et je suis allée à l'école aussi. Quoi ? Non ma mère n'a jamais fait aucun tour de magie au bled pour que je me marie...

Mon père ? Oui, il écrit français. Il est là depuis bien plus longtemps que la plupart d'entre vous et, oui, il connaît les administrations.

 

Mes frères ? Si j'en ai, ils ont certainement les cheveux frisés cachés sous une casquette (pourquoi pas ?), mais ils ne fument pas du shit à longueur de journée. Oui, ils ont fait des études ; une erreur de parcours très certainement...

 

Quand je suis née, j'étais française. Et puis mon pays a fait de moi une arabe.

Pendant toute ma jeunesse, mon miroir m'a menti... J'ai vu, j'ai cru, j'ai voulu croire que j'étais « comme tout le monde ». Seulement les jours passaient, je restais la même et devenais une autre. Quelle étrange mutation s'opérait alors en moi ? Qu'étais-je en train de devenir ? Comment en suis-je arrivée là ?!

Je me suis réveillée un matin avec une tête d'arabe ! Horrible ! Je me souviens : jétais au collège et un garçon bien plus jeune que moi, m'a vue jouer dans mon jardin et m'a crié « sale arabe ! » puis il est parti (vous apprécierez le courage). La terrible nouvelle. J'étais alors soudain devenue comme ces étrangers qu'on nous montre à la télé, sales et portant des vêtements usés (c'est vrai qu'on nous les présente souvent comme ça. Étrangement, quand ils ont les dents marron et de travers, ça fait nettement plus vrai).

 

Voilà donc comment après neuf ans d'une paisible vie de petite-française-comme-ses-copines, je devins une arabe. Que faire ? Comment lutter contre cette indéfectible alliance des autres et redevenir moi-même ?

 

Plus le temps passe et plus cette inexorable mutation continue de s'exprimer. Je suis d'abord devenue brune puis frisée (Ô désespoir !). Maintenant je tiens un malheureux petit blog qui fait dire à quelques uns que je ferais mieux de m'occuper du Maghreb (mon pays sans doute...).

 

Quand j'ai grandi, j'appris un jour au détour d'un document administratif que je trouvai par le plus grand des hasards dans un range-documents de mon père que j'étais d'origine ... (ah non, je ne vais pas tout vous dire). C'était donc ça, le terrible secret ! Celui que je perçois dans le regard de l'autre mais que je ne m'explique toujours pas.

 

Je vous le dis à vous mais, chut... Promis ?

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A
<br /> <br /> Mais je suis... une illusion !<br /> <br /> <br /> Oui le monde qui nous entoure est un terrain d'illusion, ce qui nous paraît vrai n'est que faux mais enrobé et inversement. Ce qui nous semble bon est souvent mauvais mais bien dissimulé. Certes,<br /> ces plats nous sont servit à chaque repas, celui du midi exemple "JT du midi" et celui du soir exemple "JT du soir". Mais a qui faire alors confiance quand il n'est plus possible de se fier à ses<br /> sens. Quand le contremaître a une vision faussée l'ours a une parole incompréhensible. Qui en est responsable ? Est ce volontaire ? La communication et l'écoute des uns par les autres n'est elle<br /> pas la garantie de la liberté ?<br /> <br /> <br /> Je pense car je suis et je t'écoute car tu es.<br /> <br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Au beau milieu de tous ces ours, il y a quelques oies : gavage médiatique.<br /> <br /> <br /> Vous avez bien raison. Les ours devraient tout de même se mettre à apprendre la langue de Molière !<br /> <br /> <br /> Bien à vous.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> hahaha!!! Qu'est ce que j'ai bien rit! Ca me fait penser quand même à Alice au pays des merevilles, si tu vois ce que je veux dire...<br /> <br /> <br /> T'as les cheveux frisés, tu fais du bruit et lâches des odeurs, un point c'est tout!!!! Hahaha! Tiens dommage que je ne puisse participer au concours, j'aurai illustré en BD ton petit conte.<br /> <br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Oui, oui, de la tribu des sauvageons en somme...<br /> <br /> <br /> Pour le concours, tout le monde peut participer. Tu ne pourras pas être parmi les gagnants mais j'attends ta petite BD. Ce qui est dit est dit. Voilà ! (vite, faut que j'aille me<br /> brosser les dents ! je sens qu'elles commencent à devenir comme celles dans mon texte...!!).<br /> <br /> <br /> <br />